On a tous une histoire – Mylène Rouleau : Une expérience de vie au profit d’autrui

Mylène Rouleau

On a tous besoin d’aide un jour ou l’autre. Je sais de quoi je parle, j’ai vécu beaucoup de choses dans ma vie. Et aujourd’hui, j’aimerais partager un peu pourquoi je suis si reconnaissante envers La Cité.

Je suis étudiante au programme de Techniques de réadaptation et de justice pénale, dans le cadre duquel on nous prépare à soutenir des personnes susceptibles de faire face au système judiciaire ou carcéral ou à aider celles qui en sortent à réintégrer la société.

Un choix longuement mûri

Mon choix de programme n’est pas un hasard, c’est une décision qui a été longuement réfléchie et qui a été influencée par ce que j’ai vécu.

Un jour, j’ai pris mes cliques et mes claques et j’ai quitté ma région de Prescott-Russell pour me retrouver dans un centre d’hébergement pour femmes situé à Kingston. Je devenais soudainement mère monoparentale et j’avais besoin d’aide.

Mon séjour là-bas a duré près de trois mois. Et c’est ce dernier qui m’a éventuellement incitée à m’inscrire à La Cité. Bien que j’aie toujours su au plus profond de moi que j’étais destinée à aider les gens, les femmes avec qui j’ai échangé et la directrice de l’organisme qui avait complété une formation similaire m’ont beaucoup inspirée.

Demandez et vous recevrez

Une fois à La Cité, j’ai continué à vivre quelques moments un peu rough. J’ai eu la chance de pouvoir compter sur une prof extraordinaire, Nadine Crégheur, une personne au grand cœur qui a vu ma détresse et qui m’a encouragée à faire appel aux services de La Boussole.

Je ne connaissais pas La Boussole et je pense que trop peu d’étudiants connaissent ses services de soutien psychologique et d’appui à la réussite académique. Les gens qui y travaillent sont dévoués et veulent vraiment nous aider. Alors que je faisais face à des heures d’attente pour parler à quelqu’un dans le système traditionnel, les employés de La Boussole ont été à l’écoute et m’ont offert du soutien à plusieurs niveaux.

J’ai aussi eu la chance de bénéficier d’une bourse. Un jour, je nettoyais ma boîte de courriels et je suis tombée sur un message qui nous invitait à poser notre candidature. Sur le coup, je me suis dit que ce serait vraiment génial mais que je n’avais aucune chance. Finalement, j’ai pris mon courage à deux mains, j’ai rempli le formulaire… et j’ai eu la bourse! La preuve que ça vaut la peine de postuler et qu’il ne faut pas nécessairement avoir un profil parfait pour recevoir des fonds!

Honnêtement, peu importe le montant, ça fait une différence, que ce soit pour payer les factures ou pour nous aider à persévérer dans nos études.

Optimiste et déterminée

Je suis tellement reconnaissante envers La Cité. J’y ai rencontré des personnes incroyables qui veulent vraiment nous voir réussir. Ça me fait chaud au cœur et ça me pousse à continuer.

Lorsque j’aurai terminé mes études, j’irai travailler dans une maison de transition pour les hommes qui sortent de détention. Pour moi, il n’y a rien de plus important que de leur montrer de la compassion et de l’empathie, de faire de la sensibilisation et de les soutenir dans leur parcours, pour éviter que des drames se produisent.

Tous ces infanticides et féminicides qu’on voit, ça doit cesser. Et c’est pour cette raison que je veux travailler avec cette clientèle.

Il faut aider et supporter pour voir des changements des deux côtés. Il faut travailler fort mais tout est possible. Et chaque être humain, peu importe son passé, mérite une deuxième chance pour se réhabiliter. Moi, j’y crois.

 

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