Petite leçon d’humilité et de résilience

Chaque mois, le secteur Philanthropie · Diplômés de La Cité vous propose de découvrir le parcours de donateurs, diplômés et membres de la communauté de La Cité.

Patrice Dagenais
 
Par Patrice Dagenais

Étant un petit francophone de l’Est ontarien, il ne faisait pas de doute lorsque je suis sorti de l’école secondaire que La Cité était le collège pour moi. Mes amis et moi avions tous choisi de nous y inscrire dans le même programme.

À la fin de ma première année, j’ai commencé à remettre mon choix de programme en question; était-ce vraiment la bonne voie pour moi ?

C’est finalement la vie qui m’a amené dans une autre direction. Cet été-là, après ma première année d’études, je travaillais sur la construction et j’ai eu un très grave accident. J’ai fait une chute de deux étages et ai subi une blessure à la moelle épinière, devenant ainsi tétraplégique.

Nouveau départ

Je ne suis pas retourné à l’école cet automne-là. J’ai dû réapprendre à vivre. Ce fut une période extrêmement difficile.

« Moi qui avais toujours été très actif et qui jouais au hockey, je ne voulais pas faire face à la réalité et voulais retourner à ma vie d’avant. Le hic, c’est que je ne pouvais plus marcher. »

Or, je suis une personne persévérante et déterminée.

Petit à petit, j’ai recommencé à penser à mon avenir. J’ai eu accès à des services d’orientation, qui m’ont montré que j’avais un intérêt pour l’administration. Je me suis donc ré-inscrit à La Cité et ai obtenu en 2011 un diplôme en Administration des affaires avec une spécialisation en marketing, la même année que j’ai fait le top 12 de l’équipe canadienne de rugby en fauteuil roulant.

Un espace bienveillant et adapté

Lorsque j’y ai étudié, le campus du Collège n’était pas aussi accessible qu’il l’est aujourd’hui, mais le fait qu’il s’agissait d’une construction assez récente me permettait néanmoins de m’y déplacer assez facilement. J’ai pu aussi compter sur des mesures d’accommodement m’offrant un rythme d’apprentissage mieux adapté à mes besoins.

Ultimement, ce sont vraiment les gens qui ont fait la différence pour moi. Je pense notamment aux professeurs Christine Papineau et feu Guy Boivin qui ont toujours su m’épauler et faire preuve de bienveillance, incluant par rapport à ma nouvelle passion pour le rugby en fauteuil roulant, un sport découvert lors de mes visites au centre de réadaptation qui a rehaussé ma motivation dans toutes les sphères de ma vie.

Le rêve paralympique

Après mes études, j’ai continué mon cheminement en rugby en fauteuil roulant, au point où je se suis devenu co-capitaine de l’équipe canadienne en 2015 et me suis qualifié pour trois Jeux paralympiques au fil des ans, dont ceux de Londres, où notre équipe a gagné la médaille d’argent.

« Il n’y a pas de sentiment plus grand que de pouvoir représenter son pays à la plus importante compétition sportive de la planète. »

J’espère d’ailleurs pouvoir participer une dernière fois aux Jeux paralympiques avant d’accrocher… mon fauteuil roulant !

En plus de mon implication dans l’équipe canadienne où j’agis comme co-porte-parole et comme membre de nombreux comités, je suis aussi l’entraîneur et le président des Stingers d’Ottawa, l’équipe locale de rugby en fauteuil roulant. Nous avons d’ailleurs lancé un programme pour les jeunes de 8 à 12 ans récemment, une belle opportunité pour des enfants qui ont encore très peu d’occasions de pratiquer un sport.

 


Comment je m’implique

Même si mon emploi du temps est très chargé et que je voyage beaucoup, je tente de soutenir et de sensibiliser les gens à la réalité des personnes tétraplégiques ou en fauteuil roulant. Je siège notamment au comité accessibilité de ma municipalité et offre des conférences aussi souvent que possible.

Où découvrir le rugby en fauteuil roulant

Chaque année a lieu à l’Université Carleton le Ottawa Inclusive & Para Sports Expo, une exposition permettant de découvrir divers sports adaptés. Il est aussi possible d’assister aux pratiques des Stingers d’Ottawa, les jeudis soirs au Centre communautaire Fisher Park, tandis que les match officiels sont disputés dans d’autres villes, Ottawa ne comptant qu’une seule équipe pour le moment.

Une leçon de vie

Le sport m’a beaucoup appris sur moi-même et m’a permis d’accepter ma situation, de devenir autonome, de briser mon isolement et d’aller à la rencontre d’autres personnes qui ont vécu des choses similaires à moi.

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